Coup double à Rabat : Séminaire et prolongement du jumelage

Le 30 janvier dernier la Cour des comptes du Royaume du Maroc a organisé un séminaire intitulé L’appréciation de la performance des politiques publiques : l’exemple de l’éducation en présence de Didier Migaud, Premier président de la Cour des comptes de France et Secrétaire général de l’AISCCUF et de Sophie Moati, présidente de la 3e chambre de la Cour des comptes française.

Ce séminaire s’est tenu à Rabat dans le cadre du jumelage entre la Cour marocaine et ses homologues français et anglais.

Cet événement a marqué la prolongation d’un an d’un jumelage européen, initialement prévu pour durer deux ans, co-piloté par deux chefs de projet, Jean-Marie Bertrand, président de chambre honoraire à la Cour des comptes de France et Mohammed Bastaoui, président de la 2e chambre de la Cour des comptes du Royaume du Maroc, et mis en œuvre sur place avec le concours de Nicole Turon, conseillère résidente jumelage. Jusqu’en janvier 2020, la Cour française continuera, désormais seule après le retrait du National Audit Office du Royaume-Uni (NAO) du jumelage, à en animer plus particulièrement le volet « certification des comptes de l’État ».

Lors de ce séminaire les mouvements de décentralisation et de déconcentration en cours au Maroc ont été évoqués avec le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, Norredine Boutayeb. Le ministre marocain de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaïd Amzazi, a présenté, en introduction du séminaire, l’ambitieux programme gouvernemental des réformes du secteur de l’éducation. En ouvrant le séminaire, Driss Jettou, Premier président de la Cour des comptes du Royaume du Maroc a manifesté l’importance attachée par son institution au domaine de l’éducation, qui devient le secteur unique d’une nouvelle chambre, créée à la faveur d’une nouvelle organisation en six chambres sectorielles (au lieu de quatre actuellement).

Dans leurs interventions respectives, le Premier président Jettou, l’ambassadeur de l’Union européenne, Didier Migaud et le représentant britannique se sont réjouis du bon déroulement et des réalisations tangibles du jumelage, notamment sur le volet des audits de performance. Les objectifs visés en matière de certification n’ont pas encore été atteints à ce jour, faute de comptes en droits constatés disponibles (le basculement comptable a débuté le 1er janvier 2018), mais la prolongation d’un an du jumelage, à budget constant, devrait permettre, sur ce point aussi, de remplir complètement le contrat de jumelage.

Didier Migaud et le représentant du Royaume-Uni, ont présenté les approches respectives de leurs deux institutions supérieures de contrôle pour apprécier les performances des politiques publiques. À l’issue de la matinée, le Premier président marocain, Driss Jettou, a reçu la délégation française pour un déjeuner en présence du nouveau ministre marocain de l’économie et des finances, Mohamed Benchaaboun, et des trois ambassadeurs de l’Union européenne, Claudia Wiedey, du Royaume Uni, Thomas Reilly, et de France, Jean-François Girault.

Sophie Moati a présenté aux magistrats de la Cour des comptes du Royaume du Maroc la récente évaluation de la Cour sur l’éducation prioritaire. Par ailleurs, Didier Migaud s’est rendu à l’école nationale supérieure d’administration marocaine (ENSA), où il est intervenu, toujours sur le thème de l’évaluation des politiques publiques, devant un auditoire de près de 200 personnes, composé à la fois d’élèves et de hauts fonctionnaires marocains en activité. Les interrogations du public ont principalement porté sur l’impact des observations et des recommandations formulées par les ISC, ainsi que sur la difficulté à réformer les services publics, en France ou ailleurs, dans une actualité française marquée par le mouvement de contestation des gilets jaunes.

Le Premier président Driss Jettou en présence du Premier président Didier Migaud

Sophie Moati, présidente de la 3e Chambre en présence de Jean-Marie Bertrand, président de chambre honoraire à la Cour des comptes de France et de Mohammed Bastaoui, président de la 2e chambre de la Cour des comptes du Royaume du Maroc