Et si on accédait directement aux données publiques ?

La France, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Tunisie sont membres du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO). Lancée en 2011 par huit pays (Afrique du Sud, Brésil, États-Unis, Indonésie, Mexique, Norvège, Philippines et Royaume-Uni), cette démarche vise l’échange de bonnes pratiques entre innovateurs publics, pour promouvoir la transparence de l’action publique, l’intégrité des agents publics, la participation citoyenne et l’innovation démocratique. Dans les quatre pays francophones cités, des plateformes donnant accès aux données publiques sont disponibles !

L’ouverture des données (Open Data) vise à encourager la réutilisation des données au-delà de leur utilisation première par l’administration, les institutions supérieures de contrôle disposent dans le cadre de leurs contrôles d’un grand nombre de données qui pourraient être publiées. Visant à éclairer le débat public par leurs travaux et à faciliter l’accès des citoyens à l’information, les ISC ont un rôle clef à jouer !

Elles ont vocation à participer activement à ces plateformes ouvertes avec un double objectif :

  • permettre l’exploitation des résultats de leurs travaux par les services publics mais aussi par les citoyens (et, accessoirement, par les autres ISC) ;
  • renforcer leur notoriété, leur crédibilité et démontrer de leur utilité, en particulier auprès des autorités politiques, de l’opinion publique et des bailleurs de fonds internationaux, en exposant les données sur lesquelles elles fondent leurs raisonnements.

Au Burkina-Faso : http://data.gov.bf/

La plateforme Open Data du Burkina Faso est sous la tutelle du Ministère du Développement de l’Économie Numérique et des Postes à travers l’Agence Nationale de Promotion des TIC (ANPTIC). L’ANPTIC, avec l’appui de la Banque Mondiale et de l’Open Data Institute (ODI), a lancé une dynamique autour de cette première plateforme d’Open Data au Burkina : d’une part avec la mise en place d’une communauté de producteurs et de ré-utilisateurs des données (344 jeux de données sont disponibles), d’autre part avec la création d'activités pouvant susciter l’intérêt autour de la réutilisation des données. A ce titre, Le projet NENDO (Nos Écoles Nos DOnnées) a été créé afin de présenter un cas de réutilisation de données ouvertes sur la plateforme. NENDO est une application qui présente les indicateurs et les statistiques sur les écoles du Burkina. La phase pilote du projet concerne les écoles primaires de la commune rurale de Komki-Ipala située à une trentaine de kilomètres de la ville de Ouagadougou. Entre autres indicateurs, il est retenu la présence ou l'absence de point d'eau, de latrines ou de cantine. L'application NENDO a été développée par le Ministère du développement de l'économie numérique et des postes en partenariat avec d'une part le Ministère de l'éducation nationale et de l'alphabétisation et d'autre part avec la municipalité de la commune de Komki-Ipala et des acteurs de la société civile.

Les objectifs affichés à court et moyen termes par la plateforme sont de renforcer la version actuelle de la plateforme notamment en publiant de plus en plus de données. L’objectif à long terme est de faire émerger des idées de réutilisation des données afin que cette plateforme puisse contribuer à l’édification d’une société de l'information au Burkina Faso.

Conscient que les données ouvertes représentent un enjeu considérable pour les pays d’Afrique Francophone, le Burkina Faso, à travers le Ministère du Développement de l’Economie Numérique et des Postes, a également organisé du 1er au 3 Juin 2017 à Ouagadougou la première édition de la Conférence d’Afrique Francophone sur les Données Ouvertes (CAFDO 2017). Nous vous invitons à consulter le site dédié : http://www.cafdo.org/

En Côte d’Ivoire : https://data.gouv.ci/

L'initiative Open Data Côte d'Ivoire a été lancée en 2014 et a abouti à la plateforme nationale « data.gouv.ci » qui est la traduction technique des engagements pris par le Premier Ministre dans le cadre du Plan d’Action de la Côte d’Ivoire du PGO dont la Côte d’Ivoire est membre depuis 2015. Dans son rôle de centre de ressources et d’expertise de la communication gouvernementale, le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale  (CICG) a initié le projet « Open Data Côte d’Ivoire » (327 jeux de données sont disponibles).  Le projet «Open Data Côte d’Ivoire » est piloté par le CICG en collaboration avec ses partenaires notamment la Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics (CAIDP), l'OGP Côte d'Ivoire, le Ministère de l’Économie Numérique, l'Association CODE.CI.

En France : https://www.data.gouv.fr/fr/

La mission Etalab, placée sous l’autorité du Premier ministre français, a pour mission d’accompagner l’ouverture des données publiques de l’Etat et des administrations. À ce titre, elle met en œuvre et anime la plateforme ouverte des données publiques « data.gouv.fr » qui héberge les jeux de données et recense leurs réutilisations. La plateforme « data.gouv.fr » s’adresse à la fois aux producteurs de données qui souhaitent les publier dans des formats ouverts et réutilisables, aux réutilisateurs qui peuvent référencer leurs réalisations. Par ailleurs, le plan d’action national de la France pour une action publique transparente et collaborative 2018-2020 a été présenté le 3 avril 2018. Il est accessible sur les site d’Etalab  : https://www.etalab.gouv.fr/wp-content/uploads/2018/04/PlanOGP-FR-2018-2020-VF-FR.pdf. Construit en collaboration entre la société civile et les administrations, ce plan d’action comporte 21 engagements pris par 13 ministères, trois agences gouvernementales, la Cour des comptes et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Les juridictions financières françaises se sont engagées à impliquer davantage les citoyens dans les travaux qu’elles conduisent.

En Tunisie : http://fr.data.gov.tn/

Le portail national d'Open Data de la Tunisie a été mis en place à la suite de l’adhésion de la Tunisie au Partenariat pour un gouvernement ouvert en janvier 2014. D’autres plateformes sectorielles ont été mises en ligne notamment par le ministère de l’industrie (http://data.industrie.gov.tn/) et le ministère de l’intérieur (http://opendata.interieur.gov.tn/) tunisiens. Dressant le constat d'une fragmentation de l'offre de données publiques, la société civile s'est organisée autour d’une plateforme d’Open Data unifiée et citoyenne, intitulée « Data4Tunisia.org », portée par l’association « Cahiers de la liberté » et lancée en avril 2018. Cette plateforme de données ouvertes tunisiennes héberge à la fois des données brutes et les réutilisations de ces données sous forme d'applications, de visualisations, d’articles ou d’études. Data4Tunisia.org compte déjà plus de 2 500 fichiers regroupés au sein de plus de 530 jeux de données.

D’autres pays francophones devraient rejoindre le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) cette année … à suivre !