Une nouvelle secrétaire générale pour l’Aisccuf !
Amélie de Montchalin a été nommée Première présidente de la Cour des comptes, le 11 février 2026, par le Président de la République, Emmanuel Macron. Elle a succédé à Pierre Moscovici, qui a pris ses fonctions à la Cour des comptes européenne le 1er janvier 2026.
Pour la première fois depuis 1807, le premier président de la Cour des comptes est une Première présidente. Elle a pris ses fonctions à la tête des juridictions financières le 2 mars et est également devenue, ès qualités, présidente du Haut Conseil des finances publiques et présidente du Conseil des prélèvements obligatoires.
Amélie de Montchalin a déclaré mesurer l’étendue des responsabilités qui lui ont été confiées : « La Cour des comptes est une institution placée au cœur de notre démocratie et pour laquelle les citoyens ont une attente forte. Prêter serment est ainsi le symbole de mon plein engagement à son service et de l’incarnation de ses valeurs : l’indépendance, l’impartialité, la collégialité et le service de l’intérêt général », a-t-elle ainsi déclaré.
Amélie de Montchalin a été installée en qualité de Première présidente lors d’audience solennelle d’installation qui s’est déroulée le 13 mars 2026, en présence du Président de la République, de membres du Gouvernement et du Parlement, des hautes autorités civiles et militaires, ainsi que des représentants des réseaux internationaux d’institutions supérieures de contrôle : Eurosai, Jurisai et bien évidemment l’Aisccuf, dont la Cour des comptes de France assure le secrétariat général permanent.

Après avoir prêté le serment des magistrats, la Première présidente a invité Véronique Hamayon, Procureure générale, à prendre la parole.
Saluant une première dyarchie féminine à la tête de la Cour, celle-ci a insisté sur la nécessité de consolider les acquis récents de l’institution : transparence, cohésion, égalité professionnelle et réforme de la responsabilité des gestionnaires publics.
Dans le discours qu’elle a prononcé ensuite, la Première présidente a tenu à rendre hommage aux « premières » qui l’ont précédée dans l’institution : de Gabrielle Grémillet, première femme entrée à la Cour en 1915 comme dactylographe, aux premières présidentes de chambre en 2006 ; se réjouissant qu’à l’heure où elle prend ses fonctions, la Cour soit désormais paritaire dans ses présidences.
Plaçant son mandat sous la devise historique de l’institution Dat ordinem lucendo – rétablir l’ordre en faisant la lumière – elle a rappelé que le contrôle de l’argent public est au cœur de la démocratie, avant d’identifier trois enjeux auxquels les juridictions financières doivent répondre avec force : la menace que fait peser le déficit sur la souveraineté du pays, la remise en cause du modèle démocratique dans le monde, et la prolifération des fausses informations dans le débat public.
Pour répondre à ces défis, la Première présidente a annoncé deux priorités immédiates. La première est de protéger l’indépendance de la Cour, insistant sur l’exemplarité et la transparence comme conditions de la confiance. La seconde priorité est de donner davantage d’impact aux travaux : tout en saluant la réforme conduisant à publier 100 % des travaux, lancée par son prédécesseur, elle a souligné que publier ne suffit pas, les recommandations devant être opérationnelles, chiffrées, et mieux suivies dans la durée, avec une programmation plus stratégique et un suivi rendu public.
La Première présidente a conclu en célébrant la force du collectif de la Cour, affirmant que son mandat serait guidé par trois mots : sincérité, confiance, humilité.
Quelques jours plus tard, Amélie de Montchalin a remis au Président de la République le Rapport public annuel 2026, consacré cette année à la cohésion et à l’attractivité des territoires, puis l’a présenté au Parlement.
