L'automatisation des procédures du contrôle : un exemple réussi d’échanges d’expériences

Une relance bien concrète : c’est ce qui vient de se produire pour la coopération bilatérale entre les Cour des comptes de France et du Sénégal, qui assure pour 3 ans la première vice-présidence de l’AISCCUF.

En réponse à une sollicitation du Premier président Faye, nommé depuis un an, le Premier président Migaud a donné son accord pour apporter un appui à la Cour sénégalaise en amont du moment, toujours délicat, qui précède le déploiement de la nouvelle application pour l’automatisation de ses procédures. Une délégation de la Cour française s’est rendue dans ce but à Dakar, les 22 et 23 février derniers, afin d’animer un atelier centré sur le retour d’expérience de la mise en œuvre d’ARGOS, les leçons à en tirer et, plus généralement, sur la conduite du changement.

La Cour des comptes française avait constitué une équipe pluridisciplinaire composée d’un conseiller maître, Gilles Miller, président de section à la 3ème chambre, de Christophe Prou, chef du service du greffe de la Cour des comptes et de Pascal Guy, directeur des systèmes d’information. L’atelier réunissait, pour ces deux journées, tout le haut encadrement de la Cour des comptes du Sénégal, réuni autour du Premier président Faye, en présence des dynamiques acteurs qui constituent l’équipe projet.

Quatre temps ont structuré les interventions. À la présentation du projet sénégalais, par le prestataire marocain (Caciopée) retenu au terme d’un appel d’offres mené avec l’appui de la Banque mondiale, ont succédé trois demi-journées, respectivement consacrées aux caractéristiques et au déploiement de notre dispositif ARGOS, avec un focus sur les modalités critiques de la reprise des données, à l’environnement technique de notre système d’information et, enfin, à la conduite du changement.

La délégation française abordait ces échanges avec le souci permanent de faire partager une expérience réussie en France sans en dissimuler les embuches, les regrets ni les remords. C’était aussi ce qu’attendaient les Sénégalais, qui désiraient connaître les difficultés rencontrées en France pour mieux les éviter ou les surmonter. La demi-journée consacrée à la conduite du changement fut l’occasion de rappeler quelques vérités managériales pour faire accepter une pratique nouvelle : convaincre sans nécessairement contraindre, expérimenter avant de généraliser, s’appuyer sur une équipe de volontaires et sur la qualité intrinsèque du produit. Les différents ateliers ont été marqué par des échanges et des questionnements qui n’ont cessé de rendre aussi vivantes qu’agréables ces deux journées.

Nul doute que l’outil technique dont se dote la Cour des Comptes sénégalaise, par ailleurs partenaire historique du Forum des ISC juridictionnelles, ne contribue à la renforcer dans cette position, étant bien entendu que le plus bel outil au monde, jamais ne remplace l’œuvre qu’il permet de créer.

MM. Gilles Miller, Christophe Prou et Pascal Guy de la Cour des comptes de France en compagnie de l’équipe encadrante de la Cour des comptes du Sénégal

Atelier d'accompagnement à l'automatisation des procédures du contrôle