Le 4e TOP Congrès s’est placé sous le signe de l’IA

Le TOP Congrès des jeunes auditrices et auditeurs de l’Aisccuf a tenu sa 4e édition du 8 au 10 juillet 2026 à Hammamet, en Tunisie 🇹🇳. Consacré à l’intelligence artificielle au service du contrôle public, l’événement était accueilli par la Cour des comptes de Tunisie et a rassemblé une centaine de participants, issus de 26 institutions dont 23 institutions supérieures de contrôle francophones !

La cérémonie d’ouverture a réuni Fadhila Gargouri, vice-première présidente de la Cour des comptes de Tunisie, qui accueillait cet événement désormais majeur de l’Association, Ismahan Mahamoud Ibrahim, présidente de l’Aisccuf et Première présidente de la Cour des comptes de Djibouti 🇩🇯, Céline Moyroud, représentante résidente du PNUD en Tunisie, ainsi que Wala Turki, conseillère auprès du Ministre des Technologies de la Communication de Tunisie. La délégation du secrétariat général de l’Aisccuf était quant à elle représentée par Natacha Rimbon, directrice des relations internationales de la Cour des comptes de France 🇫🇷, et Guillaume Brulé, son directeur adjoint.

Allocution d’ouverture prononcée par Fadhila Gargouri, vice-première présidente de la Cour des comptes de Tunisie

Dans son discours d’ouverture, Fadhila Gargouri a employé une formule aussi simple qu’éclairante, rappelant que « les données sont le carburant de l’intelligence artificielle, mais l’éthique en est le gouvernail ».

Wala Turki a rappelé que l’intelligence artificielle doit rester un outil au service des missions des ISC, et non un substitut au jugement professionnel, tout en insistant sur la souveraineté numérique comme enjeu stratégique pour les institutions. Natacha Rimbon est revenue sur la vocation du TOP Congrès à créer un espace de rencontre et un réseau professionnel entre jeunes auditrices et auditeurs francophones, après une 3e édition organisée à Yaoundé en 2024.

Wala Turki, conseillère auprès du Ministre des Technologies de la Communication de Tunisie

Céline Moyroud a souligné, au nom du PNUD, la nécessité d’une gouvernance adaptative de l’IA dans le secteur public, où la tolérance au risque est bien plus faible que dans le secteur privé. Le PNUD accompagne d’ailleurs la Cour des comptes de Tunisie dans la construction d’un cadre de gouvernance IA, en partenariat avec l’Union européenne. Ismahan Mahamoud Ibrahim a enfin resitué ce thème dans la continuité du séminaire professionnel de Djibouti de janvier 2026 et des orientations de l’Intosai réaffirmées lors du XXVe Congrès Incosai, en appelant à une intégration progressive et responsable de l’IA au sein des ISC.

Guillaume Brulé a ensuite présenté le programme des deux journées, avant une présentation des travaux du Comité d’Innovation de l’Aisccuf, dont le secrétariat est assuré par la Cour des comptes de Roumanie 🇷🇴.

Daniel Mindrut, conseiller auprès du Président de la Cour des comptes de Roumanie

La présentation, assurée par Arnaud-Claude Sadoa, magistrat au sein de la Chambre des comptes de la Cour suprême du Cameroun 🇨🇲, et Daniel Mindrut, conseiller auprès du Président de la Cour des comptes de Roumanie, était consacrée à la participation citoyenne dans l’identification des sujets d’audit ainsi qu’aux bonnes pratiques de publication des résultats.

Une table ronde qui a permis de poser des bases communes

La première journée s’est poursuivie par une table ronde animée par Amira Sefi, magistrate à la Cour des comptes de Tunisie, réunissant Sarra Ben Lagha, experte IA au sein de la même institution, Hosni Mouelhi, expert du PNUD en Tunisie, Benjamin Belrhomari, data scientist à la Cour des comptes de France, Kris Vijitkasem, de l’Initiative de développement de l’Intosai, et Mohamed Ala Eddine Bahri, enseignant-chercheur en IA. Les échanges ont mis en évidence un niveau de maturité très divers entre les ISC, la plupart se situant encore en phase de découverte par rapport à l’IA. La table ronde a également permis de rappeler la nécessité de clarifier les concepts avant de choisir les outils. La Cour des comptes de Tunisie a présenté son modèle d’avancement par paliers « explorer, construire, consolider » tandis que la Cour des comptes de France a partagé son expérience, notamment en matière de développement d’outils de recherche documentaire assistés par l’IA. L’ensemble des panélistes a insisté sur l’importance d’une gouvernance qui garde une longueur d’avance sur l’expérimentation, sans pour autant la freiner.

Des ateliers participatifs riches et dynamiques

La journée s’est poursuivie sur un premier atelier pratique invitant les participants à se pencher sur les différentes modalités de l’utilisation de l’IA dans les processus d’audit, avec des témoignages et retours d’expérience venus de plusieurs pays, de la France au Maroc 🇲🇦 en passant par le Cameroun et Madagascar 🇲🇬. Plusieurs exercices pratiques, animés par Mouna Boughara (Maroc), Alaa Bouker (Tunisie), Sabine Debbedang (Cameroun), Nicolas Middione et Charlotte Poulon (France), ont rythmé cet atelier : un premier exercice visait notamment à produire une cartographie des différents usages potentiels de l’IA à chaque étape d’un audit, ainsi qu’à identifier les cas d’usage. Un autre exercice conviait les participants à s’immerger dans la méthodologie des cafés IA — qui permet de sensibiliser les auditeurs de chaque institution à l’usage de l’IA — et à réfléchir à la trame d’un café IA adapté à leur institution.

Lors des restitutions, un principe est revenu tout au long des présentations : l’IA assiste, l’auditeur décide.

La deuxième journée était placée sous le signe de l’éthique et de la responsabilité avec un deuxième atelier portant sur les limites, les enjeux éthiques et les responsabilités liées à l’usage de l’IA. Des témoignages venus de Tunisie, de France, de Madagascar et du Cameroun ont illustré, chacun avec ses spécificités, une même conviction partagée par l’ensemble des participants : la gouvernance doit précéder l’outil, et la montée en compétences des équipes conditionne la réussite de la transformation.

L’atelier pratique, coanimé par Benjamin Belrhomari, Arnaud Claude Sadoa ainsi que par Hala Barouni, Emna Ben Ahmed et Marwa Raissi (Tunisie), a plongé les participants dans une mission d’audit fictive où une IA générative semblait avoir révélé de graves irrégularités. Ils devaient confronter le rapport aux pièces du dossier pour identifier les hallucinations et les références inventées. Ils ont notamment dû faire face à l’aveu, par un membre de la mission, d’une utilisation inappropriée de ChatGPT, laquelle avait entraîné une attaque par hameçonnage. L’exercice s’est conclu par une réflexion sur les risques et les responsabilités, allant jusqu’à l’identification d’une matrice des risques et d’un communiqué de presse.

La clôture a été marquée par la participation de Haoua Acyl, représentante de l’OIF pour l’Afrique du Nord, qui a rappelé l’engagement de l’OIF dans l’animation des réseaux institutionnels de la Francophonie, dont l’Aisccuf est l’un des 16 réseaux.

Haoua Acyl, représentante de l’OIF pour l’Afrique du Nord

Une troisième journée, culturelle, a permis aux congressistes de découvrir les merveilles de Tunis, notamment Sidi Bou Saïd et la Médina !

Un rendez-vous désormais incontournable pour le réseau francophone

L’Aisccuf adresse ses remerciements à la Cour des comptes de Tunisie pour la qualité de son accueil et l’organisation de cette édition, ainsi qu’à l’ensemble des intervenants et des jeunes auditrices et auditeurs pour la richesse de leurs contributions.

Rendez-vous est pris pour une prochaine édition du TOP Congrès en 2028 !