La politique française de promotion internationale de la Francophonie

Le 31 août 2026, la Cour des comptes de France 🇫🇷 a publié un rapport public thématique intitulé « La politique française de promotion internationale de la francophonie ». Le rapport cite notamment l’Aisccuf parmi les réseaux professionnels francophones qui font vivre le français comme langue de travail.

La Cour a engagé cette évaluation, sous-titrée « Une organisation fragmentée, des défis nouveaux, des résultats incertains », en raison du coût de la politique (de 2,031 milliards d’€ en 2018 à 2,158 milliards d’€ en 2024, soit une progression de 6,2 %) et de son importance pour l’action extérieure de la France. Le nombre de francophones dans le monde est estimé, en 2026, entre 345 et 396 millions selon les méthodes de comptage retenues.

La Cour relève que cette politique, ambitieuse et portée par des réseaux étendus, gagnerait à préciser ses objectifs et à mieux mesurer ses résultats, et elle formule dix recommandations pour en renforcer le pilotage.

L’évaluation s’organise autour de trois thèmes : l’enseignement du et en français à l’étranger, la diffusion de contenus numériques francophones, et la valorisation du français comme langue de travail, dans la vie des affaires et les organisations internationales.

Sur l’enseignement, la Cour décrit un réseau ancien et dense, dont l’efficacité dépend des contextes locaux. Sur le numérique, elle souligne l’atout de l’audiovisuel public (France Médias Monde, TV5 Monde) et recommande une stratégie de « découvrabilité » des contenus francophones, un observatoire francophone de la désinformation et le développement d’une infrastructure francophone d’intelligence artificielle.

Le troisième volet retiendra particulièrement l’attention de la communauté francophone des institutions supérieures de contrôle (ISC). Dans les organisations internationales, la Cour observe en effet un décalage croissant entre le statut officiel du français et son usage quotidien, largement dominé par l’anglais, et recommande de mieux suivre les initiatives françaises en faveur du multilinguisme.

C’est en traitant de la dimension professionnelle du français que le rapport cite l’Aisccuf. La Cour relève qu’une soixantaine d’associations professionnelles francophones font de la langue française un instrument de travail fédérateur, qui permet de renforcer les relations professionnelles, d’échanger des idées et de partager des bonnes pratiques. L’Aisccuf est citée explicitement comme faisant partie de ces réseaux.

« Penser « en francophone » a ainsi des effets concrets sur l’activité de nombreux secteurs
professionnels. C’est la raison pour laquelle des cercles professionnels francophones se sont
progressivement structurés, qui partagent une même vision de leur métier et permettent la
circulation de bonnes pratiques ».

Extrait du rapport de la Cour des comptes sur « La politique française de promotion internationale de la francophonie », août 2026

Cette reconnaissance du rôle de l’Aisccuf illustre précisément la vocation de l’Association. En réunissant les ISC ayant en commun l’usage du français, l’Aisccuf fait vivre notre langue comme langue de travail dans le champ du contrôle des finances publiques. Constituant l’un des 16 réseaux institutionnels de la Francophonie (RIF), elle a inscrit dans ses statuts le développement des valeurs communes de la Francophonie et s’inscrit directement dans deux de ses missions : la promotion de la démocratie et l’appui à la formation. Les nombreuses réunions internationales (congrès, séminaires professionnels et ateliers) qui se déroulent en français offrent à nos membres un espace d’échange entre pairs, de partage de bonnes pratiques et de renforcement des capacités.

Par sa Déclaration de Bruxelles, l’Aisccuf a pris cinq engagements en faveur de la Francophonie, parmi lesquels le renforcement de son implication, l’accueil de nouvelles ISC et le développement de la formation des personnels de ses membres. La Cour des comptes de France, qui assure le secrétariat général permanent de l’Association, est elle-même à la fois actrice de la Francophonie et auditrice externe d’organisations internationales, où elle s’attache à faire vivre le français.